Skip to content
30 novembre 2015 / *Marion*

Entretien avec Bio Planète : « l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production »

27 BILLET BIO PLANETE 1 Entretien avec Bio Planète : « l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production »

Première huilerie exclusivement biologique d’Europe, l’entreprise propose aujourd’hui près de 40 variétés d’huiles à la vente, pour le plus grand bonheur de nos papilles. Son mot d’ordre ? La qualité. Celle des huiles qu’elle produit, bien sûr, leurs matières premières étant certifiées biologiques, mais pas que : l’entreprise met un point d’honneur à la qualité de ses échanges avec ses fournisseurs, avec lesquels elle collabore dans le respect des règles du .  Elle va même plus loin que les règles existantes en la matière, avec l’instauration de son logo « Unis et Bios ».

Enthousiasmée par son sens de l’éthique, j’ai eu la chance de pouvoir poser mes questions à l’équipe de Planète.

Le bio, ancré dans l’histoire de Bio Planète

 

Marion : Votre entreprise est pionnière dans son domaine, ayant pris le parti dès sa création en 1984 de ne produire que des huiles biologiques. Pourquoi ce choix alors que l’agriculture biologique était encore assez peu développée à cette époque?

Bio Panète : Pour comprendre ce choix, il faut repartir quelques années en arrière. Dans les années 80, Franz J. Moog prend la décision de quitter l’Allemagne, sa terre natale, pour s’installer dans le Sud de la France avec sa femme et ses deux enfants. Pour donner forme à son idéal de vie plus saine, il s’installe en tant qu’agriculteur biologique à Bram entre Toulouse et Carcassonne. Pour ce pionnier, l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production mais reflète ses convictions et ses valeurs. Convaincu de la nécessité de faire évoluer les habitudes de consommation, Franz J. Moog va plus loin et se lance dans la transformation de graines biologiques afin d’en extraire l’essence vitale : l’. Le nom de sa ferme «Domaine de la Planète» donne rapidement naissance à la marque BIO PLANÈTE sous laquelle la production sera commercialisée. C’est en 1984 que la première huilerie exclusivement biologique d’Europe voit le jour. Franz J. Moog a posé la première pierre de cet édifice en plaçant sa famille au centre de ce projet de vie. Lors de sa disparition en 1989, Judith, sa fille alors âgée de 21 ans, décide de poursuivre son œuvre en y apportant toute sa créativité et son expertise. L’emblématique de tournesol se voit peu à peu accompagnée d’une grande variété d’autres huiles biologiques aux bienfaits divers et variés.

 

27 BILLET BIO PLANETE 4 300x275 Entretien avec Bio Planète : « l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production »Marion : Pour des raisons géographiques, vous faites importer une partie de la matière première nécessaire à la fabrication de vos huiles, matière première que vous choisissez issue de l’agriculture biologique. Les normes relatives à l’agriculture biologique applicables dans les pays où vous vous approvisionnez en matière première sont-elles similaires aux nôtres ? Quelles garanties cela apporte-t-il au consommateur ?

Bio Panète : La quête des matières premières les plus nobles est une étape à laquelle nous accordons beaucoup d’importance. Dès les prémices d’un projet, l’idée de produire une nouvelle huile, nous nous concertons avec les agriculteurs bio locaux et les coopératives afin d’envisager de débuter ce projet avec eux. Si cela n’est pas réalisable, nous cherchons des producteurs en France et dans les pays avoisinants et essayons au maximum de constituer des filières. Dans le cas où une production locale ne serait pas réalisable, pour des raisons climatiques, nous cherchons au-delà des frontières en accordant une attention toute particulière au respect des producteurs.

Lorsque nous référençons un nouveau fournisseur, nous sommes très attentifs au pays duquel provient la matière première. Avant d’accepter toute provenance, nous excluons les pays dits « à risque » en croisant plusieurs sources de données: celle de nos services qualité et achat constituée au fils de nos 30 années d’expérience et celle de notre organisme de contrôle (Ecocert). D’autre part, tout fournisseur de graine ou d’huile biologique doit être en mesure de nous fournir un certificat biologique valide et effectué auprès d’un organisme de contrôle validé par Ecocert c’est-à-dire reconnu comme appliquant des règles de production biologique et de contrôle équivalentes à celles appliquées dans l’Union Européenne. Toutes nos huiles répondent donc aux mêmes normes.

Une exigence renforcée en matière de commerce équitable

 

Marion : Concernant ces produits dont la matière première provient de l’étranger, la majorité d’entre eux comportent le label Ecocert équitable, quelles en sont les implications concrètes ?

 

Bio Panète : Les produits répondant plus particulièrement à nos exigences en matières de commerce équitable et de respect social affichent notre logo UNIS & BIO. « UNIS » pour les liens étroits que nous avons tissés avec nos partenaires et « BIO » pour nos convictions profondes. L’obtention de labels reconnus n’est que la continuité logique de notre démarche. Ainsi, nous avons réussi à concrétiser le processus de labellisation en commerce équitable pour plusieurs de nos produits : notre huile d’arachide (label Fairtrade/Max Havelaar), notre huile d’avocat, nos huiles de sésame vierge et grillé et notre huile d’olive Tunisie (label Ecocert Equitable). Cette certification officielle est une confirmation de nos efforts et nous encourage à poursuivre notre démarche UNIS & BIO.

Pour prendre un exemple, depuis de nombreuses années, BIO PLANÈTE travaille main dans la main avec Burkinature, son partenaire local, basé à Ouagadougou. Grâce au succès rencontré par notre huile de sésame, nous avons pu, au fil des années, construire une réelle relation de confiance. Le fonds de développement versé au groupe de production a 2 utilisations :

1. l’achat d’équipements agricoles pour les paysans.

2. le financement annuel de projets individuels sous forme de microcrédit. Grâce à ces aides, les agriculteurs pourront mettre en place de nouvelles activités autonomes, génératrices de revenus supplémentaires.

D’autre part, en cliquant sur ce lien http://www.bioplanete.com/Huile-d-avocat-du-Kenya, vous retrouverez un extrait de la vie d’Eunice et Bernard Mbuthia, un couple d’agriculteurs bénéficiaires de notre programme Unis & Bio au Kenya.

 

27 BILLET BIO PLANETE 3 300x199 Entretien avec Bio Planète : « l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production »Marion : Dans la continuité de vos engagements respectifs envers l’agriculture biologique et le commerce équitable, vous avez instauré le logo « Unis et bio ». Sur quels critères sélectionnez-vous les bouteilles d’huile sur lesquelles vous apposez ce logo ?

Bio Panète : Comme nous le disions à la question précédente, le logo UNIS & BIO est un logo propre à BIO PLANÈTE apposé sur les produits répondant plus particulièrement à nos exigences en matières de commerce équitable. Nous l’avons instauré en amont des certifications officielles.

 

Marion : Envisagez-vous, pour l’avenir, de produire de plus en plus – voire exclusivement- des huiles pouvant prétendre à ce logo, au regard de vos critères de sélection ?

Bio Panète : Oui, bien évidement. Nous avons toujours développé et nous développerons toujours des relations basées sur une confiance réciproque, un dialogue franc et pérenne – fondements du commerce équitable. Cela fait partie de notre ADN et l’obtention de labels reconnus n’est que la confirmation de nos efforts.

Une recherche constante de qualité

 

Marion : Vous produisez essentiellement des huiles de première pression à froid, non raffinées. Concrètement, quelle est l’utilité de ce processus de fabrication pour le consommateur ?

 

Bio Panète : La majorité de nos huiles sont pressées une seule fois à froid et avec un soin particulier. Ce processus préserve les nutriments et permet de conserver le goût authentique des graines et fruits oléagineux. Les huiles ne figurant pas parmis les huiles de première pression à froid sont nos huiles désodorisées et nos huiles grillées. Nos huiles désodorisées (tournesol, colza et coco), sont initialement de première pression à froid mais subissent un bref traitement à la vapeur d’eau et une montée en température au-delà de la limite règlementée par le terme « première pression à froid ». Nous les désodorisons afin d’obtenir un goût neutre et d’éviter les odeurs de cuisson. Ensuite, nos huiles grillées (noix, noisette, pépins de courge, sésame et argan) ne sont pas de première pression à froid car nous devons les chauffer légèrement et à température contrôlée afin d’obtenir cet arôme gourmand de graine grillée.

27 BILLET BIO PLANETE 2 Entretien avec Bio Planète : « l’agriculture biologique n’est pas un simple mode de production »

Source: www.bioplanete.com

Marion : Vous proposez un large choix d’huiles, est-ce à dire que toutes sont utiles pour notre santé, et qu’il faut donc les varier au maximum afin de bénéficier des bienfaits de chacune ?

 

Bio Planète : Notre gamme, composée de près de quarante huiles, se divise en trois catégories offrant à chacun l’huile adaptée à ses besoins :

  • « classic » pour la cui­sine de tous les jours,
  • « gourmet » pour la cui­sine créa­tive ou bien
  • « vitalité » pour la cui­sine « santé ».

Certaines huiles présentent surtout un intérêt gustatif comme l’huile de sésame grillé et d’autres un intérêt nutritionnel comme l’huile de lin qui est riche en oméga 3. La composition en acides gras est différente d’une huile à l’autre et constitue, au même titre que la saveur, les caractéristiques intrinsèques de chaque huile. Par conséquent, il est recommandé d’alterner ou combiner différentes huiles.

 

Marion : Vous faites montre par ailleurs de considération envers l’environnement, en renonçant à la climatisation au profit d’un système de ventilation plus naturel, ou encore en acceptant « des coûts d’électricité plus élevés pour garantir la production d’énergies renouvelables à hauteur de [v]otre consommation ». Pourquoi ne pas aller encore plus loin dans votre démarche, en investissant dans les énergies renouvelables pour votre entreprise ?

Bio Planète : Le premier geste pour l’environnement que nous faisons prend forme au sein même de notre entreprise. Des travaux d’agrandissement de la partie production sont en cours et nous construisons de nouveaux  bureaux administratifs. Ces derniers répondent aux normes RT 2012 et BBC (bâtiment basse consommation).

Les bâtiments sont très bien isolés et afin de ventiler sans perdre d’énergie, nous avons installé un système de ventilation en double flux : ventiler plus, ventiler mieux et préchauffer l’air entrant grâce à la récupération de la chaleur de l’air sortant.  En termes d’électricité, des ampoules LED ont été installées sur l’intégralité des bâtiments. Nous avons aussi équipé ce nouveau site de panneaux photovoltaïques sur lesquels nous serons en autoconsommation c’est-à-dire que nous consommons l’énergie que nous produisons et cette dernière couvre 20% de nos besoins en électricité. Nous visons quotidiennement à réduire la consommation d’énergie de notre usine notament par la diminution de la puissance des moteurs électriques et par la mise en place un système de ventilation naturelle. Cette dernière garantie un écart de maximum 5°C entre la température extérieure et intérieure. De plus nous suivons de près un indicateur de recyclage des déchets. Au jour d’aujourd’hui, nous recyclons 81% de nos déchets.

Tous mes remerciements à l’équipe de Bio Planète pour ses réponses très enrichissantes. Avis aux fins gourmets, sur le site de l’entreprise (très bien conçu), vous pourrez retrouver un certain nombre d’idées recettes afin de cuisiner avec ses huiles et ainsi sublimer vos préparations : http://www.bioplanete.com/-Recettes-. Pour ma part, il me tarde de tester l’huile de coco…

Et vous, quelle est la vôtre ? 

Pssst: intéressé(e) par l’entrepreneuriat féminin? Retrouvez-moi sur mon blog perso: http://exquises.net/

Laisser un commentaire

Spam protection by WP Captcha-Free