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22 mai 2015 / *Marion*

Lutte contre le gaspillage alimentaire: un pas en avant !

food healthy vegetables potatoes large Lutte contre le gaspillage alimentaire: un pas en avant !

1,3 milliards de tonnes de nourriture.

C’est l’estimation faite par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’ et l’Agriculture) de la quantité de nourriture gaspillée chaque année dans le Monde. Au-delà de ses conséquences économiques, ce gaspillage a un impact  écologique non négligeable, sans compter que, toujours selon la FAO, 870 millions de personnes souffrent de la faim. En France, ce gaspillage avoisine les 7 millions de tonnes par an, alors même qu’en 2013/2014, les Restos du Cœur ont distribué 130 millions de repas. Paradoxal, non ?

D’après José Graziano Da Silva, Directeur général de la FAO, nous sommes tous, au niveau international comme national, Etat comme collectivités locales, entreprises comme consommateurs individuels, appelés à faire des changements à notre niveau de la chaîne alimentaire, ou à défaut à réutiliser ou recycler la nourriture.

A l’instar de la Belgique, pour ne citer qu’elle, où certains bourgmestres obligent les supermarchés à donner leurs invendus à des associations d’aide alimentaire pour voir leurs permis d’environnement (équivalent de notre permis d’exploitation) renouvelés, la France prend – enfin – des mesures en ce sens. Dans les faits, on peut ainsi saluer l’initiative d’Arash Derambarsh, élu local de Courbevoie, qui après avoir lancé une mobilisation via les réseaux sociaux (sa pétition en faveur d’une loi contre le gâchis alimentaire en France a recueilli pas moins de 211 278 signatures à ce jour), organise depuis plusieurs mois des distributions de denrées alimentaires invendues au sein de sa commune, avec le concours d’associations. Sans oublier bien sûr que cette initiative fait écho au travail qu’accomplissent au quotidien les associations d’aide alimentaires.

Le sujet semble également préoccuper nos représentants, puisqu’en septembre 2013 le premier ministre Manuel Valls a missionné Guillaume Garot, alors ministre délégué à l’Agroalimentaire, pour établir un rapport sur les freins actuels à la lutte contre le gaspillage alimentaire, et les mesures préconisées pour le diminuer. Objectif : une réduction de la quantité de nourriture gaspillée de l’ordre de 50% d’ici 2025. Dans la lignée de ce rapport, rendu le 14 avril 2015, il a été décidé d’insérer dans la loi sur la transition énergétique un volet sur le gaspillage alimentaire, lequel a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale, hier 21 mai 2015.

Concrètement, quelles sont les mesures prises?

 

Désormais, les magasins de commerce de détail d’une surface supérieure à 400 m² soumis à autorisation d’exploitation pourront « mettre en place une convention d’organisation de la collecte sécurisée des denrées alimentaires invendues encore consommables au profit d’une ou plusieurs associations d’aide alimentaire », cette possibilité ne concernant pas bien sûr les denrées impropres à la consommation.

Mieux, à compter du 1er juillet 2016, il ne sera plus possible pour un supermarché de « délibérément rendre ses invendus alimentaires impropres à la consommation ou à toute autre forme de valorisation prévue au même article ».

A noter que ces dispositions sont d’ordre public, puisque la loi précise expressément qu’ « aucune stipulation contractuelle ne peut faire obstacle » au qu’elle prévoit.

D’aucuns diraient que c’est insuffisant, la loi ne faisant qu’encourager les enseignes de grande distribution à faire don de leurs invendus, sans les y contraindre. Pire, cela pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté, en donnant un cadre juridique à une pratique qui, d’après associations de collecte de denrées alimentaires comme enseignes de grande distribution, fonctionne déjà efficacement, malgré ce que l’on pourrait croire. C’est le cas notamment de l’association Les Restos du Cœur, qui se déclare favorable à ces mesures, en attirant l’attention sur le fait que  « les modalités qui seront prévues par le législateur doivent veiller à ne pas casser les partenariats volontaires qui sont déjà noués et qui fonctionnent très bien entre certaines enseignes et les Restos » (Communiqué de presse du 15 avril 2015). Réaction similaire chez La Banque Alimentaire, ces deux associations insistant sur la nécessité pour le gouvernement de maintenir, en parallèle de ces dispositions, les mesures d’incitation fiscale d’ores et déjà en place afin de pérenniser ces dons. Enthousiasme modéré donc, du côté des principaux intéressés. Pour autant, leurs doléances ont été entendues au moins pour partie, puisque la loi précise expressément que la mise en place de la convention d’organisation de la collecte ne remet pas en cause les dispositifs de défiscalisation du don.

Et si nous, simples consommateurs, voyions déjà le verre à moitié plein ? Si ce texte ne fait qu’entériner une pratique qui existe déjà, il aura au moins le mérite de mettre fin à ce fâcheux usage consistant à rendre des denrées alimentaires périmées délibérément impropres à la consommation par peur pour les enseignes de distribution de voir leur responsabilité engagée en cas d’intoxication…On ne peut donc que se féliciter de ce pas en avant, et espérer que celui-ci sera suivi de bien d’autres…

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