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18 octobre 2016 / *Marion*

Ma salle de bain zéro déchet : Les couches lavables

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De sa naissance à la propreté, un utilise plusieurs milliers de couches jetables, pour un budget compris entre 1 200 et 2 000 euros ! Ce, sans même aborder l’impact sanitaire et environnemental des matériaux entrant dans la composition des couches. Pour toutes ces raisons, nombreux sont les parents qui préfèrent opter pour le lavable. Retour en arrière, vous dites ? Pas si sûr… Meggy, Isabelle et Vincent, jeunes parents, racontent :

Pourquoi avoir préféré les aux jetables ?

Meggy : C’est plus sain et je n’aime pas l’idée de mettre à mon fils 24h/24 des couches jetables pleines de produits chimiques comme le chlore. De plus, les couches lavables sont plus économiques sur le long terme (environ deux fois moins cher pour un premier enfant, même en comptant les machines, et ensuite elles peuvent être réutilisées pour le deuxième enfant). Et enfin, on produit beaucoup moins de déchets et donc on descend moins la poubelle !

Isabelle et Vincent : On s’est lancé dans l’expérience il y a 6 ans avec notre 1er enfant. Cela nous apparaissait comme une évidence de tenter l’aventure en lavables. Le côté économique (même si cela demande un investissement de départ) et surtout environnemental nous a tout de suite plu. Sans oublier le bien-être pour les fesses de notre bébé. On a eu la chance d’avoir des couches à prêter pour tester et cela a confirmé notre envie de nous engager dans cette voie.

Du coup, comme l’expérience a été positive, on a poursuivi avec le n°2.  On s’est inscrit à un défi « zéro déchet », donc les couches lavables sont devenues indispensables pour atteindre nos objectifs

Comment utiliser les couches lavables ?

P1070571Meggy : Je recommande d’avoir un lot de 20 couches minimum pour être à l’aise jusqu’à la prochaine machine. Les couches lavables que j’ai choisies sont « tout-en-un », c’est-à-dire que les inserts sont directement cousus à la couche. Ce type de couche s’utilise exactement comme une couche jetable : on change de couche entièrement à chaque change et on l’attache avec un système de scratchs. On peut ajouter un voile de papier à mettre entre les fesses de bébé et la couche pour plus de douceur et pour récupérer les selles.

Isabelle et Vincent :
Il existe toutes sortes de modèles de couches lavables et nous avons préféré les « tou-en-un ou TE1 », que l’on peut facilement trouver en magasin bio. Les nôtres ont un extérieur imperméabilisé et disposent d’un insert absorbant en coton qui vient se « pressionner » sur la partie imperméable. Elles sont évolutives et grandissent donc avec bébé. En fait ce sont celles qui ressemblent le plus aux couches jetables dans leur utilisation. On a 20 couches au total pour éviter de faire des lessives tous les jours.

Sont-elles aussi efficaces que les couches jetables en termes d’absorption ?

Meggy : Oui, à condition évidemment de changer son enfant toutes les 3/4 h pas plus, en journée. Il faut également utiliser un insert supplémentaire ou un booster pour les gros pipis la nuit.

Isabelle et Vincent : Tout à fait, il faut juste vérifier que le modèle choisi corresponde bien à la morphologie de l’enfant. Quand il y a des fuites, c’est souvent au niveau des cuisses, si la couche est mal installée et/ou pas adaptée à l’enfant. C’est pour cela qu’il est intéressant de tester différents modèles avant de se lancer dans l’achat d’un lot de couches.

Y a-t-il des accessoires complémentaires indispensables ?

Meggy : 4 sacs imperméables minimum pour stocker les couches sales et gérer le transport, notamment les va-et-vient chez la nounou (je n’utilise pas de seau à couches).  Les sacs imperméables que j’utilise sont lavés en même temps que les couches, les « boosters » pour éviter les fuites la nuit, le papier à mettre au-dessus de la couche pour récupérer les selles (qui peut d’ailleurs être lavé avec la couche s’il n’y a que du pipi), une petite brosse (par exemple une brosse à dents) pour enlever les selles restantes sur la couche, une lessive pas trop grasse, en poudre par exemple.

Isabelle et Vincent : Oui. Le voile de protection qui vient recueillir le pipi et les selles (mais surtout intéressant pour les selles !). Il est lavable et donc réutilisable quand il y a juste eu un pipi et il passe dans les toilettes en cas de grosses commissions. Ensuite, un seau avec couvercle pour entreposer les couches souillées avant lavage (avec ou sans trempage). Enfin il existe des boosters pour augmenter le pouvoir d’absorption des couches à mettre lors des siestes et la nuit. De temps en temps, on ajoute 1 à 2 gouttes d’huile essentielle (notamment du tea tree) dans le seau à couche.

Les couches lavables sont-elles compatibles avec l’usage de liniment bio pour nettoyer les fesses de bébé ?

Meggy : Je ne crois pas car le est très gras et peut donc limiter l’absorption des couches. Je lave mon fils avec de l’eau.

Isabelle et Vincent : On ne s’est jamais posé la question… C’est ce que nous faisons au quotidien avec un liniment fait-maison et nous n’avons jamais rencontré de soucis.

Comment entretenir les couches lavables ?

P1070573Meggy : Je stocke mes couches dans un sac imperméable et je fais une machine à 60 degrés tous les 2/3 jours avec une lessive en poudre, sans adoucissants. Comme je travaille en journée, je programme mes machines le matin pour qu’elles se terminent vers 18 heures et ensuite je passe les couches au sèche-linge. Il paraît que le sèche-linge n’est pas recommandé mais mes couches ont l’air de bien supporter le choc ! Autrement, je trouve que les couches sont trop rêches et le temps de séchage trop long. On peut ajouter un peu de percarbonate de soude dans sa machine de temps en temps pour les rendre plus blanches.

Isabelle et Vincent : Nous faisons des machines à 40° ou 60°C selon les modèles utilisés. Quand les couches sont vraiment sales, nous procédons généralement à un trempage pour éliminer les plus grosses taches. On utilise une essive écologique, il vaut mieux éviter les assouplissants et le blanchissant qui peuvent abimer la partie imperméabilisante des couches. On passe régulièrement les inserts aux sèche-linge pour plus de douceur (et de rapidité !) mais jamais la partie imperméabilisée qui pourrait s’abimer.

Qu’en est-il de leur impact écologique ?

Meggy : Il est évidemment beaucoup plus faible que pour les couches jetables. Selon le site Consoglobe, « jusqu’à ses 2 ½ ans un enfant utilise en moyenne plus de 6000 couches jetables, soit l”équivalent de 67 kg de pétrole brut. […] L’utilisation de couches jetables génère, par enfant, 1 tonne de déchets dégradables en 200 à 500 ansQuand l’utilisation de couches lavables génère “seulement” 150 kg de déchets biodégradables en quelques mois. » Par ailleurs j’utilise des que je lave avec mes couches. Et donc je produis beaucoup moins de déchets.

Isabelle et Vincent : D’après l’excellent livre « Famille presque zéro déchet » de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, les couches lavables comparées aux jetables consomment :

  • 3.5 fois moins d’énergie
  • 2.3 fois moins d’eau
  • 8.3 fois moins de matières non renouvelables
  • 90 fois moins de matières renouvelables

Tout est dit !

Et au niveau budget ?

Meggy :
Les couches lavables sont environ deux fois moins chères que les jetables. Mais cela dépend des marques et du modèle de couche (te1, te2, taille unique…). Par ailleurs, elles peuvent être réutilisées pour le deuxième enfant (et il ne reste donc que le coût des machines !)

Isabelle et Vincent : On se répète, mais on a eu la chance d’en avoir beaucoup en prêt. On a en acheté de notre côté également, neuves mais souvent d’occasion. Honnêtement on a dû dépenser pour nos 2 enfants environ 300€. C’est bien en dessous de ce que coûtent les jetables ! En plus, on peut se permettre de les prêter ou les revendre quand les enfants ont acquis la continence !

N’est-ce pas trop contraignant lorsque l’on est en extérieur ? 

Meggy : Non, à condition d’avoir un sac imperméable pour mettre les couches sales. Cependant, cela peut être contraignant si on part plusieurs jours, si on n’a pas de voiture pour le transport ou pas de machine à laver sur place.

Isabelle et Vincent : Encore un accessoire indispensable, le sac de transport et de stockage souple et imperméable, idéal pour les sorties ! Une trousse avec liniment, quelques lingettes lavables, 2/3 couches lavables, une tenue de rechange et hop les sorties se déroulent à merveille.

Pour les vacances, si on a la chance d’avoir une machine à laver à disposition, aucun changement par rapport aux habitudes à la maison. Quand ce n’est pas possible, alors oui, cela peut devenir contraignant, et on peut se diriger de manière occasionnelle pour des jetables écologiques.

Jeunes parents, avez-vous vous aussi sauté le pas ?

@mariongreenweez

Crédit photo : Greenweez.com

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