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11 août 2009 / SP

Pour ou contre la séquestration carbone ?

Débat agité en ce moment en Allemagne autour de cette question.

Berlin prévoit l’adoption d’une loi pour la réglementation du captage et du stockage du CO2 avant fin septembre, c’est-à-dire avant la fin de l’actuelle législature. Or, cette loi donne lieu à un affrontement entre partisans et opposants à ce procédé.

De quoi s’agit-il ? Le gouvernement fédéral a voté le 1er avril 2009 une proposition de loi pour la réglementation de la séparation, du transport et du stockage à long terme du CO2. Or, le Comité scientifique pour les questions environnementales (SRU) considère que ce texte ne doit pas être adopté dans la hâte, au vu de ses impacts sociaux et environnementaux. Il plaide pour une autorisation ciblée des expérimentations du CCS à travers une loi de recherche. Par ailleurs, le SRU déplore que l’Etat assure non seulement le financement de la recherche sur le CCS, mais endosse également la responsabilité des risques et des dommages que les puits de CO2 pourraient entraîner sur la population et l’environnement. De fait, la loi prévoit un transfert de responsabilité des opérateurs vers l’Etat 30 ans après la mise à l’arrêt définitif d’un réservoir, comme c’est d’ailleurs le cas dans d’autres pays.

Il n’en fallait pas tant aux organisations environnementales pour se mettre sur le pied de guerre. « Le parti pris inconditionnel du Ministère de l’économie pour les intérêts de l’industrie de l’énergie a miné tout dialogue raisonnable entre les différents partis », déplore Karsten Smid de Greenpeace. Les ONG font le lien entre « déchets carbone » et déchets radioactifs. Quid de la sécurité pour l’environnement et la population en cas de fuite de CO2 ? Qui porte la responsabilité des puits de carbone ? De fait, l’opinion publique allemande demeure largement réticente dès lors que le sujet « centrale à charbon », avec ou sans technologie CCS, est abordé. Déjà, plusieurs communes sont parvenues – légalement – à arrêter la construction de nouvelles centrales à charbon dans leurs localités.

La polémique bat ainsi son plein en Allemagne. L’industrie de l’énergie, soucieuse de polir son image tout en plaidant la cause du « charbon propre », mène des campagnes publicitaires qui ne disent pas leur nom. L’organisation Lobbycontrol, qui a fait de la transparence politique et industrielle son cheval de bataille, dévoile ainsi qui se cache derrière le centre d’information IZ-Klima : « Le nom même de centre d’information induit en erreur. Il ne s’agit pas d’un centre d’information ouvert au public, les bureaux ne sont pas accessibles. Au lieu de cela, cette organisation alimente un site internet, organise des rencontres et publie brochures, études et prospectus sur le bien fondé du CCS ». Cerise sur le gâteau, IZ Klima est soutenu financièrement par les quatre oligopoles énergétiques qui se partagent le marché allemand – EnBW, E.On, RWE Power et Vattenfall Europe.

Un débat à suivre.

Claire Stam à Francfort (Allemagne)
Mis en ligne le : 18/06/2009
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