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5 janvier 2009 / SP

Vision d’un expert de l’éolien en mer

Interview de Wilfried Pimenta, expert de l’éolien en mer.

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Interview de Wilfried Pimenta, expert de l’éolien en mer.

Bonjour, après plusieurs années dans le secteur des énergies renouvelables, vous travaillez aujourd’hui dans le développement de fermes éoliennes offshore, quel est le potentiel de l’éolien en mer pour répondre à nos besoins en électricité ?

Je travaille en effet comme business développeur chez OceanWind, développeur norvégien de projets éoliens en mer. Nous nous distinguons de nos concurrents par notre culture offshore issue du transfert de savoir-faire de l’industrie Oil&Gas et de nos fortes relations avec les principaux intervenants dans le mise en oeuvre de fermes éoliennes en mer.

La ressource éolienne en mer est considérable et pourrait contribuer de façon importante à la satisfaction de nos besoins en électricité d’origine renouvelable : Le vent souffle plus en mer et de manière plus régulière ce qui favorise son exploitation; les conflits d’usage et les impacts visuels et environnementaux diminuent alors qu’on s’éloigne des côtes ce qui permet d’envisager des projets de taille plus importante et en plus grand nombre. La France et tous les pays disposant de larges zones maritimes bénéficient donc d’un important potentiel naturel.

Les ambitions Européennes en matière d’éolien en mer ne cessent de croître et donneront naissance à de nombreux projets au large des côtes Européennes. Avec environ 1GW installé aujourd’hui en Europe du Nord, l’industrie estime qu’entre 20 et 40GW sont réalisables en Europe d’ici 2020. L’éolien en mer est donc une industrie naissante avec un très fort potentiel de croissance en Europe et dans le reste du monde.

Comme pour toutes les autres technologies de production d’électricité, le déploiement futur de l’éolien en mer repose sur sa compétitivité. La neutralité carbone/environnementale a été le moteur principal du secteur dés lors qu’elle fut traduite en termes de soutiens économiques, résultat de la volonté politique énergétique et environnementale définie au niveau national. Tandis que d’importants soutiens politiques et économiques sont mis en place en Angleterre et en Allemagne, les coûts de l’éolien en mer demeurent pour l’instant élevés mais devraient diminuer dans les années à venir grace aux améliorations technologiques et à la mise sur pied d’une nouvelle industrie soumise à la concurrence. A moyen terme, le problème croissant de l’approvisionnement en énergie viendra renforcer l’intérêt de l’éolien en mer qui présente l’avantage de pouvoir être déployé à grande échelle.

Comment votre secteur fait-il face aux défis technologiques imposés par les conditions offshore?

Les problèmes de fiabilité technique sont communs à toutes les technologies émergentes en forte croissance. Certains incidents techniques seront certes difficiles à éviter tandis que les risques croissent avec la taille des projets, la mise en application de technologies encore jeunes, les plus grandes profondeurs d’eau et l’éloignement des côtes. Pour faire face à ces défis, la filière professionnelle est de plus en plus spécialisée et profite désormais d’un retour d’expérience. Il faut toutefois garder en tête que la complexité technique de l’éolien en mer n’est pas insurmontable. Le secteur de l’offshore Oil&Gas fait face au quotidien à des difficultés bien plus grandes et un transfert de savoir-faire vers le secteur de l’éolien en mer est en train d’être amorcé. A titre d’exemple, OceanWind et sa compagnie soeur NorWind, « contractor » offshore pour l’éolien en mer, sont issues du milieu de l’offshore Oil&Gas Norvégien. L’expérience de notre staff et de nos partenaires profite à notre approche des solutions techniques et à la gestion des risques.

Pour les années à venir, le véritable défi de l’éolien va se concentrer sur la capacité industrielle de sa « supply chain » (fabricants de turbines, contractors offshore…) à répondre à la demande d’équipements et de services en forte croissance.

Comment analysez-vous le positionnement de la France par rapport à ces voisins Européens dans ce secteur?

L’Angleterre compte à elle seule 9 fermes éoliennes en mer en opération pour un total de 0,6GW en 2008. 0,8GW sont en construction et 3,9GW additionnels ont reçu leurs permis de construire. Enfin, l’Angleterre vient de donner le feu vert pour de nouveaux développements de 25GW. La France ne dispose elle d’aucune ferme éolienne en mer à la fin 2008 et les mesures politiques révèlent un certain manque d’ambition. Un tout premier projet pilote devrait néanmoins voir le jour dans les années qui viennent.

La France dispose pourtant d’un vaste potentiel technique en éolien en mer. Bien qu’à une même distance proche des côtes, les fonds marins français sont relativement plus profonds que ceux d’autres pays du Nord comme l’Angleterre ou l’Allemagne. Certains acteurs concluent trop vite que des projets Français seraient beaucoup plus couteux que chez nos voisins et que l’intérêt de la France pour le secteur en est diminué. Le véritable potentiel du secteur se situe cependant à de plus grandes profondeurs d’eaux (25-50m) ou l’on voit déjà se développer une nouvelle génération de grands projets, en Angleterre et Allemagne en particulier. La France dispose d’un intéressant potentiel en éolien en mer au même titre que de nombreux pays côtiers.

La France n’a pas encore mis en place de plan/régime national efficace permettant le développement de fermes éoliennes en mer. Il est intéressant de noter que le dynamisme de l’Angleterre et l’Allemagne pour le secteur s’inscrit dans une volonté non seulement de sécuriser un approvisionnement en énergie « propre » mais aussi de développer de nouvelles activités industrielles nationales et de positionner leurs pays comme leaders mondiaux de l’industrie de l’éolien en mer de demain. Une grande proportion des subventions aujourd’hui dépensée par le contribuable dans ces pays vise à l’approvisionnement en électricité propre mais aussi à dynamiser la création d’emplois et à assurer la compétitivité industrielle du pays.

Quels types de projets développez-vous ?

OceanWind développe de larges projets d’éoliennes en mer en profondeurs d’eau supérieures à 20 mètres. A titre d’exemple, OceanWind vient de proposer un pour le développement d’un projet éolien en mer de 1000MW baptisé Ægir offshore wind farm. Ce projet se situe dans le secteur norvégien de la mer du Nord, à environ 173km des côtes. Nous concentrons aujourd’hui nos efforts sur le marché européen ou les conditions techniques et économiques sont prometteuses. Nous développons également une approche plus globale pour jouer un rôle sur les marchés émergents.

Plus qu’un porteur de projet, OceanWind s’efforce d’assurer la faisabilité de la construction des fermes éoliennes en mer et intervient donc au delà de l’obtention des permis de construire pour accompagner les operateurs de projets jusqu’à la phase de réalisation. OceanWind est une start-up norvégienne, spin-off de NorWind, un nouveau « contractor » offshore dédié exclusivement au secteur de l’éolien en mer avec qui OceanWind collabore aux cas par cas. Nous bénéficions donc de relations privilégiées avec le pôle norvégien de savoir-faire offshore. Une partie de notre mission consiste en effet à transférer et adapter les compétences et technologies issues de l’offshore Oil&Gas. Via des partenariats avec d’autres développeurs, OceanWind sert d’accélérateur de projets en mettant en oeuvre, dès la conception des projets, un panel unique d’expertise technique et une capacité industrielle de construction de fermes éoliennes en mer.

A titre personnel, comment en êtes-vous venu à vous spécialiser dans ce domaine ?

Après des études d’ingénieur généraliste en France et en Norvège, mon premier emploi était à Paris dans le secteur de la construction offshore ou j‘ai consacré 50% de mon temps à l’éolien en mer et les 50% restants au secteur Oil&Gas. Les cultures et les opportunités d’épanouissement y sont différentes. J’ai toujours considéré les énergies renouvelables comme un véritable secteur d’avenir en ligne avec mes intérêts pour un développement durable. J’ai rapidement décidé de me concentrer d’avantage sur le secteur de l’électricité et des énergies renouvelables. Après avoir travaillé depuis la Norvège en ingénierie de projet puis conseil en stratégie dans le secteur des renouvelables en Europe, j’ai décidé de m’investir aujourd’hui sur le secteur de l’éolien en mer et participer à la mise sur pied d’une nouvelle entreprise de A à Z, au coeur de l’action !

Et maintenant, une question obligée que nous posons à chaque interview, quelle est la prochaine action que vous allez mener dans votre vie quotidienne en faveur de l’environnement ?

Voilà 4 ans que j’habite à Oslo. Je n’ai plus de voiture personnelle depuis mon arrivée et j’utilise désormais les transports en commun pour tous mes déplacements en ville. Je suis membre d’une association gérant son propre parc automobile qui loue ses voitures à ses membres quand ils en ont besoin. Ce concept permet d’optimiser l’usage des voitures et éliminer le reflexe « voiture » pour tous les déplacements. C’est une très bonne option que je conseille à tous ceux qui habitent en ville.

Auteur: Wilfried Pimenta OceanWind AS Business development

Contact: www.oceanwind.no info@oceanwind.no

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